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Qu’est-ce qu’un employeur officiel (EOR) ?

 

Un « employeur officiel » (EOR) est une organisation tierce qui devient l’employeur légal d’un salarié pour le compte d’une entreprise cliente. L’EOR gère les contrats de travail, la paie, les cotisations sociales et la conformité réglementaire dans le pays du salarié. C’est l’entreprise cliente qui dirige le travail. Cela permet de recruter à l’international sans avoir à créer d’entité juridique locale.

 

Comment fonctionne un employeur officiel

 

Un accord d’« Employer of Record » (EOR) implique trois parties : le travailleur, l’EOR et l’entreprise cliente. L’EOR signe le contrat de travail avec le salarié conformément à la législation du pays de ce dernier et est enregistré auprès des autorités fiscales et de sécurité sociale locales en tant qu’employeur légal. L’entreprise cliente conclut un contrat de services commerciaux distinct avec l’EOR et définit les activités quotidiennes, les normes de performance et les résultats attendus du salarié. L’EOR facture à l’entreprise cliente le coût brut de l’emploi, majoré de frais de service.

Le modèle EOR apporte une réponse à un défi majeur du recrutement international : embaucher un collaborateur dans un pays où l’entreprise qui recrute ne dispose d’aucune entité juridique. Sans entité locale, une entreprise ne peut légalement gérer la paie, verser les cotisations sociales ni signer un contrat de travail exécutoire au regard du droit du travail local. L’enregistrement en tant qu’employeur local dont dispose l’EOR lève cet obstacle, permettant ainsi à l’entreprise cliente de commencer à embaucher du personnel dans un nouveau pays en quelques jours, au lieu des mois nécessaires à la création d’une filiale à l’étranger.

 

Le contrat de travail et le statut juridique de l’employeur

 

L’EOR est l’employeur officiel enregistré auprès de toutes les autorités gouvernementales et réglementaires du pays du travailleur. Il signe un contrat de travail conforme à la législation locale, qui respecte toutes les exigences légales minimales en matière de délais de préavis, de période d’essai, d’horaires de travail, de droits aux congés et de droits en cas de licenciement. L’EOR détenant le statut d’employeur officiel, les dossiers relatifs à la paie, à l’impôt et aux cotisations sociales du travailleur sont rattachés à l’enregistrement de l’EOR, et non à celui des entreprises clientes.

Cette distinction a des implications pratiques importantes. En cas de cessation de la relation de travail, les obligations légales en matière de préavis, d’indemnités de licenciement et de solde de fin de contrat incombent à l’EOR. L’entreprise cliente supporte ces coûts sur le plan commercial, conformément aux termes du contrat de service, mais n’est pas directement exposée aux réclamations du salarié dans la juridiction où s’applique le droit du travail. Cette séparation offre une protection juridique significative aux entreprises clientes opérant dans des juridictions où la protection des salariés est forte et où le risque de litige est élevé.

 

Gestion de la paie, des impôts et de la sécurité sociale

 

L’EOR se charge de la gestion de la paie du salarié à chaque période de paie : il calcule le salaire brut, applique toutes les retenues légales, y compris l’impôt sur le revenu et les cotisations sociales, établit un bulletin de paie conforme à la réglementation locale et verse le salaire net sur le compte bancaire du salarié. L’EOR reverse l’ensemble des cotisations sociales patronales et salariales ainsi que les retenues fiscales aux autorités compétentes dans les délais légaux applicables. L’entreprise cliente reçoit une facture unique et consolidée, ce qui lui évite d’avoir à gérer de multiples inscriptions locales et obligations déclaratives auprès de différentes autorités.

En Suisse, cela implique notamment de s’inscrire auprès de la caisse cantonale de compensation pour les cotisations AVS/AI/APG et AC, d’adhérer à une caisse de pension LPP, de souscrire auprès d’un assureur accidents agréé par la SUVA et de s’enregistrer auprès de l’administration fiscale cantonale pour le prélèvement à la source (Quellensteuer) des travailleurs étrangers éligibles. Chacune de ces inscriptions s’accompagne d’une procédure de mise en place initiale, d’obligations de déclaration régulières et d’exigences de rapprochement annuel, dont la gestion incombe entièrement à l’EOR.

 

Avantages sociaux, congés et droits légaux

 

L’EOR est chargé de garantir à l’employé l’ensemble des droits légaux prévus dans son pays. Cela comprend le congé annuel minimum rémunéré (quatre semaines par an en Suisse, conformément à l’article 329a du Code des obligations), l’indemnité de maladie, le congé parental, l’assurance accidents du travail, ainsi que toutes les prestations complémentaires obligatoires prévues par les conventions collectives applicables. Lorsqu’un travailleur prend un congé légal, l’EOR gère les démarches administratives, demande le remboursement des frais légaux auprès de l’autorité compétente et veille au maintien de la protection de l’emploi pendant toute la durée du congé.

 

L’orientation des travailleurs et la structure bipartite

 

Bien que l’EOR soit l’employeur légal, l’entreprise cliente conserve le contrôle opérationnel total sur le salarié. Le client fixe les objectifs, attribue les tâches, détermine les méthodes de travail dans les limites légales et gère les performances au quotidien. Cette double structure est légalement reconnue dans la plupart des juridictions, à condition que l’EOR s’acquitte véritablement de ses obligations d’employeur plutôt que de fonctionner comme un simple intermédiaire administratif passif. Si une autorité constate que l’EOR est un montage fictif destiné à contourner le droit du travail local, l’entreprise cliente peut être considérée comme le véritable employeur, ce qui l’expose à toutes les responsabilités que ce montage visait à éviter.

 

Formules de calcul des coûts de l’EOR et analyse du seuil de rentabilité

 

Il est essentiel pour les équipes financières chargées d’évaluer les options de recrutement à l’international de bien comprendre la structure des coûts d’un contrat EOR. Les formules suivantes permettent aux entreprises de calculer le coût total lié à l’embauche d’un salarié via un contrat EOR et de déterminer à partir de quel nombre d’effectifs la création d’une entité locale devient plus rentable.

 

Formules de calcul des coûts de l’EOR

 

Formule 1 : Coût mensuel total de l’EOR par employé

Coût mensuel total de l’EOR = Salaire mensuel brut + Cotisations sociales à la charge de l’employeur + Provision pour le 13e mois + Frais de service de l’EOR

Cotisations sociales patronales en Suisse = AVS/AI/APG 5,30 % + AC 1,10 % + part patronale LPP (env. 8 %) + SUVA/AI + CAF (env. 3,5 %) = environ 18 % à 20 % du salaire brut. Les frais de service liés à l’EOR varient généralement entre 8 % et 15 % du salaire brut, selon le pays et le prestataire. Exemple : 10 000 CHF bruts + 1 900 CHF de cotisations + 833 CHF (13e mois) + 1 000 CHF de frais = 13 733 CHF par mois.

Formule 2 : Multiplicateur du coût total de l’emploi EOR

Multiplicateur des coûts EOR = (Salaire brut + Cotisations patronales + 13e mois) / Salaire brut

Ce ratio indique de combien le salaire brut est multiplié par les charges patronales avant les frais d’EOR. En Suisse : (10 000 + 1 900 + 833) / 10 000 = 1,27x. En ajoutant les frais EOR (estimés à 10 %) : 1,37x. Chaque franc suisse de salaire brut coûte environ 1,37 franc suisse en dépenses EOR totales pour un travailleur suisse.

Formule 3 : Coût annuel de l’EOR par rapport au coût de l’entité

Annual EOR Cost = (Gross Annual Salary x EOR Cost Multiplier) + EOR Annual Service Fee Annual Entity Cost = Gross Annual Salary x Employment Cost Multiplier + Fixed Entity Overhead

Les frais généraux fixes d’une entité comprennent les frais de constitution (amortis), la comptabilité et l’audit annuels, le siège social, les frais liés à la direction et les frais administratifs internes. En Suisse, les frais généraux fixes d’une entité varient généralement entre 30 000 et 50 000 CHF par an pour une entité de taille minimale. Utilisez cette formule pour déterminer quel modèle est le plus économique pour un effectif donné.

Formule 4 : EOR par rapport à l’effectif d’équilibre de l’entité

Effectif d’équilibre = Frais généraux annuels fixes de l’entité / (Coût EOR par employé et par an)

À partir de cet effectif, le coût des frais liés à l’EOR équivaut aux frais généraux fixes liés à la gestion d’une entité locale. En dessous de ce seuil, l’EOR est plus économique. Au-delà, l’entité est plus économique. Exemple : frais généraux fixes de l’entité 41 000 CHF / frais EOR par employé 12 000 CHF/an = 3,4 employés. Dès que l’effectif en Suisse dépasse environ 10 à 15 employés, les coûts de l’entité par travailleur deviennent généralement inférieurs aux frais EOR courants.

Formule 5 : Seuil de risque lié à l’établissement stable (à titre indicatif)

Le risque lié au PE augmente lorsque : la durée est inférieure à >12 mois ET que les travailleurs génèrent des revenus imputables à l’entreprise cliente

La plupart des conventions fiscales suisses et de l’OCDE prévoient un critère de durée de 12 mois pour déterminer l’existence d’un établissement stable. Si les travailleurs en EOR exercent des activités génératrices de revenus (ventes, développement commercial, exécution de contrats), les conseillers fiscaux de l’entreprise cliente doivent évaluer le risque d’établissement stable dès que la mission dépasse une durée de 6 à 12 mois. Il ne s’agit pas d’une formule précise, mais d’un seuil de risque qui devrait déclencher un examen fiscal formel.

 

Comparaison des coûts entre l’EOR et l’entité

 

Le tableau ci-dessous compare le coût total, sur la première année, de l’emploi d’un travailleur suisse percevant un salaire de base de 10 000 CHF par mois, selon qu’il est employé par l’intermédiaire d’un prestataire de services de gestion des ressources humaines (EOR) ou par une entité juridique suisse nouvellement créée. Tous les chiffres sont calculés sur la base des taux légaux suisses en vigueur en 2024.

 

Cost Component (1 employee, CHF 10,000/month base) Via EOR (Year 1, CHF) Own Entity (Year 1, CHF)
EMPLOYMENT COSTS
Gross annual salary (12 months) 120,000 120,000
13th month payment 10,000 10,000
AHV/IV/EO employer (5.30%) 6,890 6,890
ALV employer (1.10%) 1,430 1,430
BVG pension employer share (est. 8%) 10,400 10,400
SUVA + FAK (est. 3.5%) 4,550 4,550
TOTAL EMPLOYMENT COST 153,270 153,270
EOR SERVICE FEE vs. ENTITY OVERHEAD
EOR service fee (est. 8-12% of gross salary) 10,800
Legal entity setup (legal, notary, registration) 12,000
Annual accounting, audit, and tax compliance 15,000
Registered office and directorship 8,000
HR admin and payroll system internal costs 6,000
TOTAL OVERHEAD 10,800 41,000
TOTAL YEAR 1 COST 164,070 194,270
Cost difference (EOR saving in Year 1) CHF 30,200 lower
Break-even point (EOR vs. own entity) Approximately 10-15 employees

Le tableau ci-dessous compare le coût total, sur la première année, de l’emploi d’un travailleur suisse percevant un salaire de base de 10 000 CHF par mois, selon qu’il est employé par l’intermédiaire d’un prestataire de services de gestion des ressources humaines (EOR) ou par une entité juridique suisse nouvellement créée. Tous les chiffres sont calculés sur la base des taux légaux suisses en vigueur en 2024.

 

Pourquoi un EOR est-il important pour les entreprises en pleine croissance ?

 

Le modèle EOR s’est considérablement développé au cours de la dernière décennie, les entreprises ayant adopté le travail à distance et les équipes dispersées, et cherchant à accéder à des talents internationaux sans avoir à supporter le temps et les coûts liés à la création de sociétés à l’étranger. Pour les équipes des ressources humaines, des finances et du service juridique, il est essentiel de comprendre quand et pourquoi un prestataire EOR apporte une réelle valeur ajoutée.

 

Délai de recrutement du premier employé sur un nouveau marché

 

La création d’une filiale étrangère ou d’une succursale enregistrée prend généralement entre trois et six mois dans la plupart des juridictions et implique des frais juridiques, des frais de notaire, des démarches d’enregistrement, la mise en place d’un compte bancaire et des obligations de conformité continues. Un prestataire de services d’emploi (EOR) permet à une entreprise d’embaucher son premier salarié dans un nouveau pays en quelques jours, en utilisant les immatriculations d’employeur et l’infrastructure existantes de l’EOR. Pour les entreprises qui saisissent une opportunité commerciale spécifique, déploient un collaborateur clé pour diriger leur entrée sur le marché ou testent une nouvelle zone géographique avant de s’y engager de manière permanente, cet avantage en termes de rapidité est considérable et influe directement sur leur positionnement concurrentiel.

 

Transfert des risques liés à la conformité

 

Le respect du droit du travail dans une juridiction étrangère exige une connaissance actualisée de la législation locale, de la jurisprudence, des conventions collectives et des pratiques réglementaires. Tout manquement expose l’entreprise à des poursuites devant les tribunaux du travail, à des sanctions réglementaires et à une atteinte à sa réputation. Un prestataire de services d’emploi (EOR) spécialisé dans un pays donné dispose de ces connaissances et les applique à chaque relation de travail qu’il gère, transférant ainsi une part importante du risque lié à la conformité de l’entreprise cliente vers l’EOR. Ce transfert de risque n’est toutefois efficace que si l’entreprise cliente choisit un EOR disposant d’une véritable expertise opérationnelle dans la juridiction concernée et procède à une vérification préalable appropriée.

 

Rentabilité pour les petites équipes internationales

 

Les frais généraux fixes d’une entité juridique étrangère (comptabilité, audit, siège social, administration) s’élèvent généralement entre 30 000 et 50 000 CHF par an en Suisse pour une entité de taille minimale. Pour une entreprise comptant moins de dix employés en Suisse, ce coût fixe par employé dépasse largement les frais liés au service EOR. Le modèle EOR est économiquement plus avantageux pour les petites équipes, car il transforme les frais généraux fixes de l’entité en un coût variable par employé qui évolue linéairement avec les effectifs.

 

Recours à un EOR en Suisse et à l’étranger

 

Le modèle EOR fonctionne différemment selon les pays, en fonction de la législation locale du travail, des systèmes de sécurité sociale et des exigences réglementaires. La Suisse présente un ensemble de caractéristiques spécifiques qui rendent les services EOR à la fois précieux et complexes sur le plan opérationnel.

 

Suisse

 

En Suisse, le droit du travail est principalement régi par le Code suisse des obligations (Obligationenrecht), qui fixe des normes minimales en matière de contrats de travail, de délais de préavis (un mois la première année, deux mois de la deuxième à la neuvième année, trois mois à partir de la dixième année), de droit aux congés (au moins quatre semaines par an) et de droits en matière de résiliation. De nombreux secteurs sont couverts par des conventions collectives de travail (Gesamtarbeitsvertrage, ou GAV) spécifiques à chaque secteur, qui peuvent imposer des salaires minimaux plus élevés, des droits à des congés supplémentaires ou des avantages sociaux obligatoires. Un EOR opérant en Suisse doit déterminer si une GAV s’applique au poste du travailleur et en appliquer les conditions.

Les obligations en matière d’assurances sociales suisses qu’un EOR doit gérer comprennent l’affiliation à l’AVS/AI/APG auprès de la caisse de compensation cantonale (5,30 % à la charge du salarié et 5,30 % à la charge de l’employeur sur l’ensemble du salaire brut, sans plafond), l’assurance-chômage ALV (1,10 % chacun jusqu’à 148 200 CHF de revenu annuel, plus une surtaxe de solidarité de 0,50 % à la charge du salarié au-delà du plafond), l’affiliation à la LPP pour les employés gagnant plus de 22’050 CHF par an (2024), l’assurance-accidents SUVA (accidents professionnels à la charge de l’employeur ; accidents non professionnels à la charge de l’employé), et les cotisations aux allocations familiales FAK aux taux cantonaux d’environ 1,5 % à 3,0 % du salaire brut.

Pour les travailleurs étrangers ne disposant pas d’un permis d’établissement C suisse, l’employeur doit prélever l’impôt à la source (Quellensteuer) au taux cantonal applicable, en fonction du canton de travail du salarié, de son état civil, du nombre d’enfants à charge et de son revenu brut mensuel. L’EOR verse cette somme mensuellement à l’administration fiscale cantonale. Pour les travailleurs dont le revenu brut annuel dépasse 120 000 CHF (2024), une taxation ordinaire complémentaire s’applique en fin d’année ; l’EOR doit en informer le travailleur et s’assurer que l’attestation de salaire annuelle est exacte.

 

Country Key EOR Compliance Obligations Typical Hire Time via EOR Own Entity Required by Client
Switzerland AHV/IV/EO, ALV, BVG, SUVA, FAK, Quellensteuer, GAV compliance 3 to 5 business days No
Germany Krankenversicherung, Rentenversicherung, Arbeitslosenversicherung, Pflegeversicherung, Lohnsteuer, works council rules 3 to 7 business days No
United Kingdom Employer NICs (13.8%), PAYE, auto-enrolment pension, statutory pay rights 2 to 5 business days No
France URSSAF contributions, complex collective agreements, works council threshold rules 5 to 10 business days No
United States FICA, FUTA, state UI, state employment law variation across 50 states 1 to 5 business days No
Netherlands Social contributions, 30% ruling eligibility for expats, works council 3 to 7 business days No
Singapore CPF contributions (Central Provident Fund), Employment Act compliance 2 to 5 business days No
Australia Superannuation (11% employer, 2024), Fair Work Act, payroll tax (state level) 3 to 7 business days No

 

EOR et PEO : principales différences

 

Les termes « employeur officiel » (EOR) et « organisation professionnelle d’emploi » (PEO) sont souvent utilisés de manière interchangeable, mais désignent en réalité des modèles de services très différents. Il est important de bien comprendre cette distinction pour choisir la structure la plus adaptée lors d’un recrutement à l’échelle nationale ou internationale.

Feature Employer of Record (EOR) Professional Employer Organisation (PEO)
Legal employer EOR is the sole legal employer on record Co-employment: client and PEO share employer status
Client entity requirement Client needs no local legal entity Client must typically have a local legal entity
Primary use case Hiring in countries where client has no entity HR and payroll outsourcing where client already has an entity
Employment contract Signed between EOR and worker under local law Signed between client and worker; PEO co-employs
Compliance responsibility EOR bears primary compliance responsibility Shared between client and PEO
Geographic scope Cross-border, international markets Typically domestic or within a defined region
Regulatory recognition Recognised in most jurisdictions worldwide PEO model not legally recognised in all countries
Termination authority EOR manages termination under local law Client typically retains primary termination authority
Switzerland context EOR is the legally robust structure; widely used Co-employment concept not a formally recognised legal structure under Swiss law
Cost structure Variable: per-employee service fee Variable or fixed fee; often includes HR platform access

La distinction pratique la plus importante concerne l’exigence relative à l’entité. Un PEO part du principe que le client dispose déjà d’une présence juridique dans le pays. Un EOR permet en revanche de recruter même en l’absence totale d’entité. En Suisse, le droit du travail suisse reconnaissant un seul employeur par salarié, les montages EOR dans lesquels l’EOR est clairement le seul employeur légal sont juridiquement plus solides que les structures de co-emploi. Les autorités et les tribunaux suisses ne disposent pas d’un corpus juridique développé reconnaissant le co-emploi de la même manière que les juridictions américaines.

 

Bonnes pratiques pour l’utilisation d’un EOR

 

Procéder à une vérification préalable approfondie de l’EOR

 

Tous les prestataires de services EOR ne disposent pas du même niveau d’expertise juridique locale, de la même stabilité financière ni de la même rigueur en matière de conformité. Avant de faire appel à un prestataire EOR, vérifiez qu’il dispose d’enregistrements d’employeur valides dans chaque pays où il emploiera des travailleurs, que ses contrats de travail ont été examinés par un conseiller juridique local qualifié, qu’il souscrit une assurance responsabilité civile employeur appropriée, qu’il dispose d’une expérience avérée en matière de gestion des licenciements et des litiges liés à l’emploi dans la juridiction concernée, et qu’il est suffisamment stable financièrement pour honorer ses obligations salariales indépendamment des délais de paiement de l’entreprise cliente. Demandez des exemples de contrats, de fiches de paie et de références auprès de clients existants.

 

Définir clairement les responsabilités dans le contrat commercial

 

Le contrat de services commerciaux conclu entre le client et l’EOR doit préciser quelle partie approuve les modifications de salaire et la rémunération variable, qui gère les processus d’amélioration des performances et de licenciement, comment sont répartis les coûts liés aux congés légaux, quel préavis le client doit respecter avant de mettre fin à la relation commerciale, et comment est gérée la situation professionnelle du salarié en cas de cessation de la relation avec l’EOR. Les ambiguïtés dans ces domaines constituent la source la plus fréquente de litiges et de coûts imprévus. Le contrat doit également préciser la législation applicable et le mécanisme de règlement des litiges.

 

Expliquer clairement la structure de l’EOR aux travailleurs

 

Les salariés employés par l’intermédiaire d’un EOR peuvent être déconcertés lorsque l’entité figurant sur leur fiche de paie leur est inconnue et que leur responsable hiérarchique travaille pour une autre organisation. Fournir, dès l’offre d’emploi, une explication écrite claire précisant le rôle de l’EOR, les interlocuteurs à contacter pour les questions relatives à la paie et aux ressources humaines, ainsi que le fonctionnement concret de ce dispositif, permet de réduire la confusion et d’instaurer un climat de confiance dès le premier jour. Les travailleurs doivent être explicitement informés que leurs droits légaux en matière d’emploi, tels que prévus par la législation locale, sont pleinement préservés et ne sont pas affectés par la structure de l’EOR.

 

Surveiller le risque lié à l’établissement stable à mesure que les effectifs augmentent

 

Si les travailleurs EOR exercent des activités générant des revenus imputables à la société cliente dans leur pays, telles que la vente, la négociation de contrats ou le développement commercial, la société cliente peut créer un établissement stable imposable dans ce pays, même en l’absence d’une entité juridique officielle. Les conseillers fiscaux doivent évaluer ce risque lorsque la durée d’une mission EOR dépasse six mois et lorsque l’effectif total des travailleurs EOR dans le pays dépasse quelques personnes. Le seuil à partir duquel le risque d’établissement stable se concrétise dépend de la convention fiscale applicable et de la nature des activités des travailleurs.

 

Planifier la transition de l’entité en fonction des effectifs nécessaires

 

Le recours à un prestataire de services de gestion des effectifs (EOR) est particulièrement rentable pour les entreprises comptant moins de dix à quinze employés dans un pays donné. À mesure que les effectifs augmentent, la création d’une entité locale s’avère généralement moins coûteuse par employé et permet à l’entreprise d’exercer un meilleur contrôle sur les relations de travail, la conception des avantages sociaux et l’image de marque de l’employeur. Planifiez cette transition à l’avance en fixant un seuil d’effectifs précis, prévoyez un délai suffisant pour la mise en place de l’entité (trois à six mois dans la plupart des juridictions) et coordonnez le transfert des contrats de travail de l’EOR vers la nouvelle entité en perturbant le moins possible la continuité de l’emploi des travailleurs.

 

Comment Applic8 gère les services EOR

 

Bien que les sources fournies n’utilisent pas explicitement le terme « employeur officiel » (EOR), elles décrivent la manière dont la plateforme As1 traite les données provenant de tout prestataire ou fournisseur tiers de services de paie, ce qui inclut les services EOR. Applic8 agit comme une couche centrale de coordination et d’intégration plutôt que comme un prestataire EOR à part entière pour les besoins internationaux.

D’après les sources, voici comment Applic8 gère les prestataires externes chargés de la paie et des services :

 

Plateforme d’intégration unifiée

 

La plateforme As1 est conçue comme une passerelle non intrusive qui s’interface avec n’importe quel prestataire ou système de gestion de la paie utilisé par un client. Elle s’est déjà intégrée à plus de 50 grands prestataires de gestion de la paie, tant locaux qu’internationaux, permettant ainsi aux multinationales de gérer l’ensemble de leur environnement de paie de manière unifiée, quel que soit le modèle de service sous-jacent (par exemple, la paie locale ou l’EOR).

 

Normalisation via l’arborescence de compensation globale (GCT)

 

L’un des principaux défis liés à l’utilisation de diverses solutions de gestion des rémunérations réside dans le manque d’uniformité des données. La technologie exclusive « Global Compensation Tree » d’Applic8 permet d’harmoniser et de regrouper les résultats bruts et nets provenant de n’importe quel fournisseur. Cela permet aux entreprises de :

  • Comparez ce qui est comparable entre différents pays et prestataires.
  • Maintenir une structure uniforme pour le reporting et l’analyse, même lorsque les données proviennent de devises ou d’environnements réglementaires différents.

 

Coordination et validation avant le traitement de la paie

Pour les clients qui font appel à plusieurs prestataires, Applic8 automatise le flux de données entre les systèmes internes du client et ses prestataires de paie externes. Il utilise un générateur de workflows « low-code » pour :

  • Transformer et valider automatiquement les opérations de paie afin de s’assurer qu’elles respectent les règles métier de l’entreprise avant leur transmission au prestataire.
  • Réduire la collecte et la préparation manuelles des données, qui mobilisent généralement entre 40 et 60 % des ressources consacrées à la gestion de la paie.

 

Flexibilité stratégique et souveraineté des données

Applic8 offre une « flexibilité stratégique », ce qui signifie que les clients peuvent choisir les meilleures solutions disponibles (comme un prestataire EOR dans un pays et un prestataire local dans un autre) sans contraintes d’intégration. Cette approche présente plusieurs avantages :

  • Éviter la dépendance vis-à-vis d’un fournisseur : il est facile de changer de prestataire local ou d’EOR dans n’importe quel pays sans perturber les opérations mondiales ni perdre l’accès aux données historiques.
  • Propriété des données : As1 constitue une source unique et permanente de données fiables, garantissant ainsi à l’entreprise la « propriété » de l’intégralité de son historique de paie, même en cas de changement de prestataire.

Externalisation de la gestion des salaires en Suisse

Bien qu’Applic8 propose principalement des solutions technologiques d’intégration à l’échelle mondiale, l’entreprise offre également des services d’externalisation de la gestion des salaires en Suisse pour les organisations opérant dans ce pays. Ce service s’appuie sur ses 25 années d’expertise locale et sur sa certification Swissdec pour gérer les spécificités complexes du cadre réglementaire suisse.

 

Foire aux questions sur l’employeur officiel

 

En quoi consiste exactement le rôle d’un employeur officiel ?

 

Une société de portage salarial (EOR) signe le contrat de travail avec le salarié, gère la paie dans le pays du salarié, prélève et verse l’impôt sur le revenu et les cotisations sociales, fournit les avantages sociaux prévus par la loi, notamment les congés et l’assurance accidents, gère l’administration des ressources humaines et s’occupe des aspects juridiques liés au droit du travail en cas de licenciement. L’EOR est enregistré auprès des autorités fiscales et de sécurité sociale locales en tant qu’employeur. L’entreprise cliente dirige les activités quotidiennes et le rendement du travailleur dans le cadre d’un accord commercial distinct conclu avec l’EOR. L’EOR ne dirige pas le travail mais assume toutes les obligations légales de l’employeur en vertu du droit du travail local.

 

Quelle est la différence entre un EOR et un PEO ?

 

Une société EOR est l’unique employeur légal du salarié et peut exercer ses activités dans des pays où le client ne dispose d’aucune entité. Une société PEO conclut un accord de co-emploi qui exige généralement que le client dispose d’une entité juridique existante dans le pays. Le modèle EOR est utilisé pour l’expansion internationale sur de nouveaux marchés où l’entreprise n’est pas encore implantée. Le modèle PEO est utilisé pour l’externalisation des ressources humaines et de la paie sur les marchés où l’entreprise est déjà présente. En Suisse, l’EOR est le modèle juridiquement le plus solide, car le droit du travail suisse reconnaît un seul employeur pour chaque travailleur et ne dispose pas d’un cadre de co-emploi développé équivalent à ceux que l’on trouve dans les juridictions nord-américaines.

 

Un accord EOR est-il légal en Suisse ?

 

Oui. Le recours à un «Employer of Record» (EOR) pour engager des travailleurs en Suisse est un dispositif légalement reconnu et largement utilisé par les entreprises étrangères qui souhaitent embaucher des employés résidant en Suisse sans créer de société en Suisse. L’EOR doit être un employeur suisse dûment enregistré, respectant le Code suisse des obligations, les conventions collectives de travail applicables et l’ensemble du système suisse d’assurance sociale, y compris l’AVS/AI/APG, l’AC, la LPP et la SUVA. Le travailleur bénéficie des mêmes protections légales que tout autre employé suisse. Ce dispositif ne constitue pas une forme de travail temporaire ; le travailleur est un employé permanent de l’EOR pendant toute la durée de la mission commerciale.

 

En combien de temps une société de travail temporaire peut-elle embaucher un salarié en Suisse ?

 

Une société de recrutement externe (EOR) déjà enregistrée en Suisse peut généralement mener à bien le processus d’embauche d’un nouveau collaborateur dans un délai de trois à cinq jours ouvrables à compter de la réception des informations requises sur le travailleur, des conditions de l’offre signées et des documents relatifs au permis de travail. En comparaison, la création d’une GmbH ou d’une AG suisse à partir de zéro nécessite entre trois et six mois, auxquels s’ajoute le temps nécessaire pour s’enregistrer auprès de la caisse cantonale d’indemnisation, de la caisse de pension LPP et de l’assureur accidents. L’avantage de rapidité de l’EOR découle entièrement de son infrastructure d’employeur déjà en place en Suisse.

 

Qu’advient-il du salarié si l’entreprise cliente met fin au contrat de portage salarial ?

 

Si l’entreprise cliente résilie son contrat commercial avec l’EOR, le contrat de travail du salarié ne prend pas automatiquement fin. L’EOR reste l’employeur légal et doit respecter le droit suisse en matière de résiliation, en accordant le délai de préavis prévu par le Code des obligations : un mois la première année, deux mois de la deuxième à la neuvième année, et trois mois à partir de la dixième année, des délais plus longs pouvant s’appliquer en vertu des conventions collectives en vigueur. L’indemnité de licenciement n’est pas obligatoire en Suisse, sauf dans des circonstances spécifiques telles que les licenciements collectifs. Les coûts liés à l’indemnité de préavis et aux éventuels droits légaux sont généralement pris en charge par l’entreprise cliente en vertu du contrat commercial.

 

 

Jensen Bandada

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