Qu’est-ce que la mobilité internationale ?
La mobilité internationale désigne la pratique consistant à déplacer des salariés au-delà des frontières nationales à des fins professionnelles, que ce soit à titre temporaire ou définitif. Elle couvre l’ensemble du cycle de vie d’une mission à l’international : immigration, conformité fiscale, paie, structuration de la rémunération, sécurité sociale et rapatriement. Pour les équipes des ressources humaines et des finances, il s’agit de l’un des domaines les plus complexes et les plus coûteux de la gestion des effectifs.
Comment fonctionne le programme de mobilité internationale ?
Les programmes de mobilité internationale gèrent les déplacements des salariés d’un pays à l’autre. L’employeur se charge de coordonner les démarches d’immigration, les contrats de travail, les ajustements salariaux, la conformité fiscale tant dans le pays d’origine que dans le pays d’accueil, les demandes au titre des conventions de sécurité sociale, ainsi que la logistique liée à la relocalisation. Chacun de ces axes de travail implique des autorités, des délais et des obligations légales différents. La plupart des organisations structurent leur programme de mobilité internationale en fonction des types de missions, chacune présentant son propre profil de conformité et ses propres implications financières.
Types de devoirs
Les missions de courte durée s’étendent généralement de 3 à 12 mois. Le salarié reste inscrit sur la liste de paie de son pays d’origine, et l’employeur se charge des obligations fiscales liées aux déplacements professionnels ainsi que des allègements prévus par les conventions de sécurité sociale, le cas échéant. Le risque lié à l’établissement stable est moindre, mais n’est pas inexistant.
Les missions de longue durée s’étendent de 1 à 5 ans. Le salarié est généralement inscrit sur la liste de paie du pays d’accueil, perçoit une rémunération adaptée au coût de la vie local et est soumis à la fiscalité et au régime de sécurité sociale du pays d’accueil. Une péréquation fiscale est généralement appliquée afin de protéger le salarié contre une charge fiscale plus élevée dans le pays d’accueil.
Les mutations définitives constituent des transferts à durée indéterminée. Le salarié met fin à son contrat de travail dans son pays d’origine et en signe un nouveau dans le pays d’accueil. L’employeur a moins d’obligations simultanées dans les deux pays que dans le cadre d’une mission, mais il doit tenir compte des droits au rapatriement et de la continuité du régime de retraite dans le pays d’origine.
Les frontaliers travaillent dans un pays et résident dans un autre. La Suisse a conclu des accords bilatéraux spécifiques régissant le statut de « Grenzganger » pour les frontaliers originaires de France, d’Allemagne, d’Italie et d’Autriche. Ces travailleurs bénéficient d’un traitement fiscal et de dispositions en matière de sécurité sociale spécifiques, qui diffèrent des règles habituelles applicables aux missions internationales.
Le volet Immigration et autorisation de travail
Avant qu’un salarié puisse travailler dans un pays d’accueil, l’employeur doit obtenir l’autorisation de travail appropriée. En Suisse, le type de permis détermine non seulement le droit au travail, mais aussi le régime fiscal applicable. Les ressortissants de l’UE et de l’AELE bénéficient de l’accord sur la libre circulation des personnes et peuvent occuper un emploi en Suisse sans être soumis à un quota. Les ressortissants de pays non membres de l’UE doivent obtenir un permis de travail en vertu de la loi sur les étrangers et l’intégration (AIG), le nombre de permis délivrés aux travailleurs non ressortissants de l’UE étant limité chaque année.
En Suisse, les types de permis applicables aux salariés mobiles à l’international comprennent : le permis L (séjour de courte durée, jusqu’à 12 mois), le permis B (séjour temporaire, renouvelable chaque année) et le permis C (permis d’établissement, droit de séjour permanent après 5 ou 10 ans selon la nationalité). Le type de permis détermine si le salarié est soumis à la « Quellensteuer » (retenue à la source) ou à la procédure d’imposition ordinaire au titre de l’impôt sur le revenu.
La gestion de la paie dans le contexte de la mobilité internationale
La gestion de la paie des salariés en mobilité internationale est plus complexe que celle d’une paie classique, car un salarié peut être soumis à des obligations dans deux pays simultanément. Un salarié en mission de longue durée peut continuer à figurer partiellement sur la liste de paie de son pays d’origine afin d’assurer la continuité de sa retraite, tout en figurant également sur celle du pays d’accueil pour se conformer à la réglementation locale. Ce dispositif de paie partagée nécessite une coordination étroite entre les deux équipes chargées de la paie ainsi qu’un suivi rigoureux afin d’éviter toute double imposition ou toute lacune dans la couverture sociale.
L’employeur doit déterminer au cas par cas : quel est le pays dont le service de paie effectue le paiement principal, quel est le pays dont la retenue à la source s’applique et à quel taux, si un accord de totalisation des droits de sécurité sociale permet au salarié de rester affilié au régime de sécurité sociale de son pays d’origine, et comment tout ajustement de péréquation fiscale est calculé et géré par le service de paie.
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Formules et modèles de coûts liés à la mobilité internationale
La gestion des coûts liés aux missions à l’international nécessite des formules standardisées. Celles-ci permettent aux équipes RH d’élaborer des offres de mission cohérentes, aux équipes financières d’établir des budgets précis et aux responsables de la mobilité de comparer les coûts de différentes structures de mission.
Formules de calcul des coûts et des rémunérations des missions
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Formule 1 : Total Assignment Cos
| Coût total de l’affectation = Salaire de base + Indemnité de vie chère (COLA) + Indemnité de logement + Indemnité d’études + Compensation fiscale + Frais de déménagement + Congé dans le pays d’origine + Cotisations sociales à la charge de l’employeur
COLA = Indemnité de vie chère, calculée à l’aide d’un indice de comparaison entre le pays d’origine et le pays d’accueil. Chaque élément vient s’ajouter au coût total pris en charge par l’employeur, en plus du salaire de base. Une mission de longue durée dans une ville où le coût de la vie est élevé représente généralement un coût annuel total compris entre deux et trois fois le salaire de base du salarié. |
Cette formule permet de calculer le coût total supporté par un employeur pour une mission à l’international. Elle inclut le salaire de base du salarié ainsi que les frais supplémentaires liés à la mission, tels que les ajustements au coût de la vie, le logement, les impôts, les frais de déménagement et les avantages sociaux. L’ajustement au coût de la vie (COLA) est calculé à l’aide d’un indice de coût comparatif entre le pays d’origine et le pays d’accueil afin de tenir compte des différences de coût de la vie. Dans les régions où le coût de la vie est élevé, ces coûts supplémentaires peuvent augmenter considérablement le coût total de la mission, atteignant souvent 2 à 3 fois le salaire de base du salarié.
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Formule 2 : Indemnité de vie chère (COLA)
| COLA = (Indice de la région d’accueil / Indice de la région d’origine – 1) × Revenu disponible × Pondération des biens et services
Les indices du pays d’accueil et du pays d’origine sont publiés par des fournisseurs spécialisés dans les données sur le coût de la vie, à partir d’enquêtes standardisées portant sur un panier de biens. Le revenu disponible correspond à la partie du salaire consacrée aux dépenses courantes (hors épargne, impôts et logement). La pondération reflète la part du revenu disponible consacrée aux biens échangeables soumis à des écarts de prix. Exemple : indice du pays d’accueil 115 / indice du pays d’origine 100 = 1,15. Indemnité de vie chère (COLA) = 15 % × 80 000 CHF de revenu disponible × pondération de 70 % = 8 400 CHF. |
Cette formule permet de calculer l’indemnité de vie chère (COLA) afin d’ajuster la rémunération d’un salarié en fonction des différences de coût de la vie entre son pays d’origine et le pays d’affectation. Les indices du pays d’affectation et du pays d’origine mesurent le coût relatif des biens et services, tandis que le revenu disponible correspond à la part du salaire consacrée aux dépenses quotidiennes. La pondération des biens et services reflète le pourcentage du revenu affecté par les différences de coût. La COLA permet au salarié de maintenir un niveau de vie similaire pendant la durée de son affectation.
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Formule 3 : Impôt hypothétique de péréquation fiscale
| Impôt hypothétique = Impôt estimé dans le pays d’origine sur le salaire et les avantages sociaux perçus dans ce pays Coût de péréquation fiscale = Impôt effectivement payé dans le pays d’accueil par l’employeur – Impôt hypothétique retenu sur la rémunération de l’expatrié
La péréquation fiscale garantit que l’expatrié paie le même montant d’impôt que celui qu’il aurait payé dans son pays d’origine. L’employeur retient le montant hypothétique de l’impôt sur la rémunération brute de l’expatrié et prend en charge tout impôt supplémentaire prélevé par le pays d’accueil au-delà de ce montant. Si l’impôt du pays d’accueil est inférieur, l’employeur conserve la différence. Si l’impôt du pays d’accueil est supérieur, l’employeur paie la différence. |
La formule explique comment est calculée la péréquation fiscale. L’impôt hypothétique correspond à l’impôt que le salarié aurait dû payer dans son pays d’origine, tandis que le coût de la péréquation fiscale correspond à la différence entre l’impôt effectif du pays d’accueil et le montant de l’impôt hypothétique. L’employeur prend en charge tout surcoût fiscal afin de s’assurer que le salarié ne subisse aucun préjudice du fait de son détachement.
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Formule 4 : Score de risque lié à l’établissement stable (à titre indicatif)
| Risque PE = Durée de la mission (en mois) × Note de l’activité génératrice de revenus (1 à 5) × Facteur de risque lié au traité
Il s’agit d’un modèle de risque qualitatif, et non d’un calcul juridiquement précis. Une mission de courte durée (moins de 6 mois) sans pouvoir de vente présente un faible risque d’établissement stable. Une mission de plus de 12 mois dans le cadre de laquelle le salarié négocie des contrats pour le compte de l’employeur présente un risque élevé d’établissement stable. Le facteur de risque lié à la convention fiscale indique s’il existe une convention fiscale bilatérale et comment celle-ci définit la notion d’établissement stable. Utilisez cet outil pour déterminer quelles missions nécessitent un avis fiscal officiel. |
Cette formule fournit une estimation du risque lié à l’établissement stable (ES) dans le cadre d’une mission à l’étranger. Elle prend en compte la durée de la mission, l’importance des activités génératrices de revenus et le facteur de risque lié aux conventions fiscales entre les pays. Les missions de longue durée et certaines activités, telles que la négociation de contrats, augmentent le risque lié à l’établissement stable. Ce modèle aide les employeurs à identifier les missions susceptibles de nécessiter un examen fiscal formel.
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Formule 5 : Décision relative à la couverture de la Sécurité sociale
| Appliquer l’accord de totalisation si : la durée de l’affectation est inférieure à la période d’exemption prévue par la convention ET si le salarié reste soumis au régime de son pays d’origine
La Suisse a conclu des accords bilatéraux de sécurité sociale avec plus de 40 pays. En vertu de ces accords, un salarié en mission peut rester affilié au régime de sécurité sociale de son pays d’origine pendant une mission de courte durée et être exonéré des cotisations dues dans le pays d’accueil. Les seuils de durée varient selon les accords (généralement entre 12 et 24 mois). Les employeurs doivent demander un certificat de couverture (certificat A1 au sein de l’espace UE/AELE) avant le début de la mission. |
Cette formule permet de déterminer si un salarié peut continuer à bénéficier du régime de sécurité sociale de son pays d’origine pendant une mission à l’étranger. Si la durée de la mission respecte la limite prévue par la convention et que le salarié reste couvert par le régime de son pays d’origine, celui-ci peut être exonéré des cotisations de sécurité sociale du pays d’accueil. Les employeurs doivent obtenir l’attestation de couverture requise avant le début de la mission.
Exemple pratique de péréquation fiscale
Le tableau ci-dessous présente un calcul de péréquation fiscale pour un salarié domicilié en Suisse et détaché en Allemagne pour une durée de deux ans, percevant un salaire brut annuel de 180 000 CHF.
| Tax Equalization: Swiss to Germany Assignment | Amount (CHF) | Notes |
| STEP 1: HYPOTHETICAL TAX (stay-at-home tax) | ||
| Annual gross salary | 180,000 | |
| Estimated Swiss income tax (combined rate ~18%) | 32,400 | Canton Zurich estimate for single taxpayer |
| Swiss AHV/IV/EO employee (5.30%) | 9,540 | |
| Hypothetical tax deducted from assignee | 41,940 | Retained from gross; assignee’s net-of-tax position frozen |
| STEP 2: ACTUAL HOST COUNTRY TAX (Germany) | ||
| German income tax + Solidaritaetszuschlag (~38%) | 68,400 | Higher rate than Switzerland |
| German social insurance (employee, ~20%) | 36,000 | KV, RV, AV, PV combined |
| Actual host country tax and social charges | 104,400 | Paid by employer on behalf of assignee |
| STEP 3: TAX EQUALISATION SETTLEMENT | ||
| Actual tax paid by employer | 104,400 | |
| Hypothetical tax retained from assignee | 41,940 | |
| Employer tax equalization cost | 62,460 | 104,400 minus 41,940 |
L’employeur verse 62 460 CHF au titre des frais supplémentaires de péréquation fiscale, en plus de la rémunération de base liée à l’expatriation. Ce montant doit être pris en compte dans le calcul du coût total de l’expatriation. En Suisse, les compléments de péréquation fiscale constituent eux-mêmes un revenu imposable dans le pays d’accueil, ce qui entraîne une obligation de majoration (l’impôt sur le complément de péréquation fiscale doit également être pris en charge par l’employeur afin de maintenir le revenu net de l’expatrié).
Pourquoi la mobilité internationale est-elle importante pour les employeurs ?
La mobilité internationale relève à la fois d’une stratégie de gestion des talents et d’une obligation de conformité. Bien gérée, elle permet aux entreprises de déployer rapidement les bonnes personnes partout dans le monde. Mal gérée, elle entraîne des obligations fiscales, des infractions aux règles d’immigration et des problèmes de relations sociales qui s’avèrent coûteux et longs à résoudre.
Mobilisation des talents et avantage concurrentiel
La capacité à affecter des collaborateurs qualifiés là où l’entreprise en a besoin constitue un avantage concurrentiel direct sur les marchés internationaux. Les organisations capables de déployer un ingénieur senior ou un spécialiste de la pénétration de marché dans un nouveau pays en l’espace de quelques semaines agissent plus rapidement que celles dont le processus de mobilité prend des mois. Cette rapidité repose sur la mise en place, avant même que le besoin ne se fasse sentir, de structures d’affectation préétablies, de relations avec les services d’immigration et de modalités de paie dans les pays cibles.
Risque financier lié au non-respect des obligations
Le non-respect des règles en matière de mobilité internationale entraîne des risques financiers qui s’accumulent. Un salarié travaillant dans un pays sans autorisation de travail en bonne et due forme s’expose à une expulsion immédiate et à une interdiction de réadmission. Un employeur qui omet de s’enregistrer auprès des autorités fiscales du pays d’accueil pour le paiement des charges sociales peut se voir imposer des arriérés d’impôts, des intérêts et des pénalités couvrant toute la durée de la mission. La création d’un établissement stable résultant des activités d’un salarié en mission peut exposer l’employeur à l’impôt sur les sociétés au titre des bénéfices attribuables à cette juridiction.
Les engagements en matière de péréquation fiscale qui ne sont pas suivis et gérés correctement entraînent un risque de retraitement des comptes financiers, car l’obligation de l’employeur dépend de la situation fiscale réelle du salarié détaché dans le pays d’accueil, qui ne peut être déterminée qu’après le dépôt de la déclaration d’impôt, soit un à deux ans après la clôture de l’exercice.
Expérience des collaborateurs et fidélisation
Les collaborateurs en mobilité internationale acceptent des bouleversements personnels importants pour servir les intérêts de l’entreprise. Si leur fiche de paie comporte une erreur, si leur demande de permis est retardée ou si leurs cotisations de retraite dans leur pays d’origine sont interrompues, ils s’en aperçoivent immédiatement. La qualité de l’expérience de mobilité influe directement sur la décision des collaborateurs hautement performants d’accepter de futures affectations et de rester au sein de l’organisation après leur rapatriement. La fidélisation des collaborateurs de retour d’expatriation est un indicateur clé de performance (KPI) mesurable dans les programmes de mobilité de premier plan.
Mobilité internationale en Suisse et à l’étranger
La Suisse est à la fois une destination de choix pour les affectations à l’étranger et une source importante d’expatriés, compte tenu de la concentration de sièges sociaux de multinationales dans des secteurs tels que les services financiers, l’industrie pharmaceutique et les technologies.
La Suisse en tant que pays d’accueil
La Suisse compte 26 cantons, chacun appliquant ses propres taux d’imposition sur le revenu et ses propres barèmes de Quellensteuer. Pour les expatriés arrivant en Suisse et soumis à la Quellensteuer, c’est le canton de travail qui détermine le taux de retenue à la source applicable. Un expatrié gagnant 15 000 CHF par mois peut se voir appliquer un taux d’imposition effectif très différent selon qu’il travaille à Zurich, à Zoug ou à Genève.
En vertu des accords bilatéraux de sécurité sociale conclus par la Suisse, les salariés détachés de l’UE et de l’AELE dans le cadre d’une mission de courte durée peuvent généralement continuer à bénéficier du régime de sécurité sociale de leur pays d’origine grâce au certificat A1 délivré par les autorités de ce dernier. Pour les salariés détachés non ressortissants de l’UE, la Suisse a conclu des accords bilatéraux individuels avec plus de 40 pays, qui fixent les délais d’exclusion applicables. Les employeurs doivent demander le certificat correspondant avant le début de la mission.
Le type de permis de séjour suisse a une incidence à la fois sur l’autorisation de travail et sur le régime fiscal. Les titulaires d’un permis L (à court terme) sont toujours soumis à la Quellensteuer. Les titulaires d’un permis B qui ne possèdent pas de permis C sont soumis à la Quellensteuer si leur salaire annuel est inférieur à 120 000 CHF (en 2024). Les titulaires d’un permis C et les ressortissants suisses sont imposés selon la procédure fiscale cantonale ordinaire. Les équipes chargées de la mobilité doivent suivre l’évolution du statut des permis et mettre à jour le système de paie en cas de changement de permis.
| Assignment Type | Home Country Payroll? | Host Country Payroll? | Social Security | Key Swiss Obligation |
| Short-term (under 12 months, Switzerland inbound) | Yes, maintained | Shadow payroll may apply | Apply A1 / bilateral certificate | Quellensteuer via shadow payroll; PE risk assessment |
| Long-term (1-5 years, Switzerland inbound) | Possible partial | Yes, primary payroll | Host country unless totalization applies | Full Swiss social insurance; BVG affiliation; Quellensteuer |
| Permanent transfer to Switzerland | No | Yes, new contract | Swiss social insurance from day one | Standard Swiss onboarding: AHV, BVG, SUVA, FAK |
| Grenzganger (cross-border commuter) | No | Yes, host country payroll | Home country (bilateral agreement) | Specific Grenzganger treaty rules (France, Germany, Italy, Austria) |
| Short-term (Switzerland outbound) | Yes, maintained | Shadow payroll in host country | Apply A1 certificate from Switzerland | Quellensteuer stops; notify cantonal authority |
| Long-term (Switzerland outbound) | Partial or no | Yes, host country | Host country from transfer date | Swiss social insurance contribution continuity to be assessed |
Comparaison entre les principaux pays
| Country | Inbound Assignment Tax Treatment | Social Security Agreement with Switzerland | PE Trigger (indicative) |
| Germany | Subject to Lohnsteuer from day one; treaty relief for short stays possible | Yes: bilateral agreement, 24-month exemption period | 12 months or contract conclusion authority |
| France | Subject to PAS withholding; Grenzganger treaty for cross-border workers | Yes: bilateral agreement | 183 days in calendar year or fixed place |
| United Kingdom | Subject to PAYE; 183-day domestic rule; treaty relief available | No totalization agreement post-Brexit; contributions in both may apply | 183 days in any rolling 12-month period |
| United States | Subject to federal withholding; FICA on US-source income; F-1/J-1/H-1B visa required | Yes: bilateral agreement, typically 5-year exemption | Fixed place of business or dependent agent |
| Singapore | Subject to Singapore income tax from first dollar; Employment Pass required | No bilateral agreement with Switzerland | 1 year or negotiation of contracts locally |
| UAE | No personal income tax; Employment Visa required; end-of-service gratuity mandatory | No bilateral agreement with Switzerland | Commercial presence or dependent agent |
Mobilité mondiale ou télétravail international ?
Ces deux notions sont souvent confondues, mais elles impliquent des obligations en matière de conformité très différentes. Cette distinction a une incidence tant sur les obligations fiscales de l’employeur que sur le statut juridique du salarié.
| Dimension | Global Mobility (Assignment) | International Remote Work |
| Employer intent | Structured deployment to a specific host country | Employee works from a country of their choice |
| Duration | Defined start and end date | Open-ended; employee may change location |
| Work authorization | Formal permit or visa obtained before travel | Often overlooked; creates illegal work risk |
| Payroll treatment | Home or host payroll depending on assignment type | Typically home payroll; host country obligations often unmanaged |
| Tax treatment | Governed by assignment policy and tax treaties | Host country may claim taxing rights after 183 days |
| Social security | Managed via totalization agreement application | Rarely managed proactively; gaps or double contributions common |
| Permanent establishment | Risk assessed and managed as part of assignment planning | Often not assessed; silent PE risk accumulates |
| Employer awareness | High: mobility team coordinates the move | Often low: employee self-manages, employer learns after the fact |
| Cost structure | Defined total assignment cost including allowances | Typically not budgeted; unexpected tax liabilities arise |
| Switzerland specifics | Permit obtained; Quellensteuer registered; social security managed | Employee may trigger PE or Swiss tax without employer knowing |
Le développement du télétravail a estompé la frontière entre ces deux modèles. Un salarié qui passe six mois à travailler depuis un pays étranger peut être soumis aux mêmes obligations fiscales et sociales qu’un salarié en détachement officiel, mais sans que l’infrastructure nécessaire à la mise en conformité ne soit en place. Les employeurs devraient disposer d’une politique relative au télétravail transfrontalier qui définisse la durée autorisée, exige une autorisation préalable et déclenche une évaluation de conformité avant que le salarié ne s’installe à l’étranger.
Bonnes pratiques en matière de mobilité internationale
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Lancez l’évaluation de conformité avant le déménagement du salarié
Les démarches relatives à l’immigration, à l’enregistrement fiscal et à la demande de certificat de sécurité sociale prennent toutes du temps. Si vous ne les lancez qu’une fois que le salarié a déjà franchi la frontière, celui-ci risque de travailler en situation irrégulière et sans que les retenues fiscales appropriées soient mises en place. Pour chaque mission prévue, lancez une liste de contrôle de conformité au moins 60 jours avant la date de début prévue, couvrant l’autorisation de travail, l’enregistrement auprès de l’organisme de paie du pays d’accueil, la demande de certificat de sécurité sociale dans le pays d’origine et l’analyse des conventions fiscales.
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Mettre en place une politique cohérente en matière de devoirs
Définissez par écrit ce que comprend chaque type d’affectation : méthodologie de l’indexation sur le coût de la vie (COLA), approche en matière de logement, éligibilité à l’indemnité d’éducation, fréquence des congés dans le pays d’origine et approche de péréquation fiscale. Un traitement inégal entre les personnes affectées occupant des fonctions similaires engendre des problèmes d’équité interne et est difficile à justifier en cas de contestation. Cette politique doit être approuvée par la direction des ressources humaines et le service financier, réévaluée chaque année à la lumière des pratiques du marché et appliquée de manière uniforme dans toutes les entités opérationnelles.
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Recourir à une « masse salariale fantôme » pour les missions de courte durée
Une «paie parallèle» reproduit la paie du pays d’origine dans le pays d’accueil, dans le seul but de calculer et de déclarer les obligations fiscales et sociales du pays d’accueil, sans effectuer de deuxième versement au salarié. Pour les expatriés suisses en mission de courte durée qui restent sur la liste de paie de leur pays d’origine, l’employeur établit une liste de paie fictive suisse afin de se conformer aux obligations de retenue à la source (Quellensteuer) et de déclaration aux organismes de sécurité sociale. Sans cela, l’employeur ne respecte pas la législation suisse en matière d’impôts sur les salaires, même si le salarié n’est pas rémunéré par le biais d’une liste de paie suisse.
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Suivre le nombre cumulé de jours passés dans chaque pays
Les règles des 183 jours prévues par les conventions fiscales, les seuils d’établissement stable et les périodes d’exonération en matière de sécurité sociale dépendent tous du nombre de jours passés par le salarié dans le pays d’accueil. Mettez en place un processus de suivi du décompte des jours pour chaque salarié en mobilité, mis à jour à chaque déplacement professionnel ainsi que lors des affectations officielles. En ce qui concerne la « Quellensteuer » suisse, ce suivi doit être précis au jour près, car les codes tarifaires et les taux applicables peuvent changer lorsque le statut d’un salarié évolue en cours d’année.
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Remplir les déclarations d’impôts dans les délais impartis
Les accords de péréquation fiscale exigent que l’obligation fiscale effective dans le pays d’accueil soit confirmée, ce qui intervient lors du dépôt et du contrôle de la déclaration fiscale annuelle. Dans certains pays, cela peut prendre entre 18 et 24 mois après la fin de l’année de détachement. Les retards dans le dépôt des déclarations entraînent l’apparition de dettes fiscales en suspens au bilan de l’entreprise et prolongent la période pendant laquelle l’employeur supporte le risque financier lié à la situation fiscale du salarié détaché. Faites appel à des conseillers fiscaux du pays d’accueil dès la fin de l’année de détachement afin de préparer et de déposer les déclarations sans délai.
Comment Applic8 gère-t-il la mobilité internationale ?
Applic8 accompagne les collaborateurs en mobilité internationale, qu’ils se trouvent en Suisse ou à l’étranger, grâce à la plateforme de paie As1. Pour les collaborateurs en affectation à l’étranger, As1 gère la retenue à la source (Quellensteuer) en appliquant le barème cantonal approprié, en fonction du type de permis du collaborateur, de son canton de travail, de son état civil et du niveau de ses revenus. Lorsqu’un permis passe de la catégorie L à la catégorie B ou de la catégorie B à la catégorie C, la plateforme met automatiquement à jour le traitement fiscal pour le prochain cycle de paie.
Pour les cessionnaires ayant besoin d’une paie « fantôme » en Suisse, As1 effectue le calcul de la paie suisse en parallèle de celui du pays d’origine, sans générer de double paiement. Les données issues de cette paie « fantôme » alimentent les déclarations suisses à l’AVS et à la Quellensteuer, garantissant ainsi que l’employeur respecte ses obligations déclaratives en Suisse, même lorsque le salarié est rémunéré par une paie non suisse.
Les demandes de certificat d’assurance sociale pour les salariés détachés originaires de l’UE et de l’AELE dans le cadre de la procédure A1 sont prises en charge par le workflow de conformité de la plateforme. En ce qui concerne les exonérations prévues par des accords bilatéraux avec des pays non membres de l’UE, As1 identifie l’accord applicable et suit la période d’exonération par rapport à la date de début du détachement, en alertant l’équipe chargée de la mobilité avant l’expiration de cette période et avant que les cotisations dues au pays d’accueil ne deviennent exigibles.
Les rapports sur les coûts globaux de la main-d’œuvre dans As1 présentent le coût total de chaque mission par salarié, comprenant le salaire de base, les indemnités, les cotisations sociales et les estimations de péréquation fiscale, offrant ainsi aux équipes chargées de la mobilité et des finances une vue d’ensemble des coûts liés au personnel international à tout moment de l’année.
Gérer les expatriés entrant et sortant de Suisse ?
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Foire aux questions sur la mobilité internationale
Qu’entend-on par « mobilité internationale » dans le domaine des ressources humaines ?
La mobilité internationale en ressources humaines désigne la fonction chargée de gérer les déplacements professionnels des salariés au-delà des frontières. Elle couvre les questions d’immigration, les permis de travail, la rémunération liée à l’expatriation, la conformité fiscale dans le pays d’origine et le pays d’accueil, la sécurité sociale, la logistique de l’installation et le rapatriement. Dans les grandes entreprises, il s’agit d’une fonction RH spécialisée. Dans les plus petites, elle est généralement gérée par des généralistes des ressources humaines, en collaboration avec des conseillers fiscaux et des spécialistes de l’immigration externes. L’objectif principal est de permettre au salarié de travailler légalement dans le pays d’accueil, avec une rémunération correctement structurée et sans charge fiscale personnelle imprévue.
Quelle est la différence entre la mobilité internationale et le télétravail international ?
La mobilité internationale désigne un détachement formellement structuré, initié par l’employeur, vers un pays d’accueil et assorti d’une gestion réglementaire bien définie : autorisation de travail, paie dans le pays d’accueil ou « paie parallèle », analyse des conventions fiscales et certificats de sécurité sociale. Le télétravail international, quant à lui, désigne une situation où le salarié travaille depuis un pays étranger de sa propre initiative, souvent sans gestion réglementaire formelle. Ces deux situations peuvent entraîner les mêmes obligations en matière de fiscalité, de sécurité sociale et d’établissement stable dans le pays d’accueil. La différence réside dans le fait que l’employeur ait ou non identifié et géré ces obligations de manière proactive. Le télétravail sans autorisation préalable ni contrôle de conformité présente les mêmes risques qu’une mission officielle, mais sans l’infrastructure nécessaire pour la gérer.
Comment calcule-t-on la péréquation fiscale ?
La péréquation fiscale se déroule en trois étapes. Premièrement, on calcule l’impôt hypothétique : l’impôt sur le revenu que le salarié aurait payé s’il était resté dans son pays d’origine avec son salaire habituel. Ce montant est prélevé sur la rémunération brute du salarié. Ensuite, l’employeur s’acquitte de l’intégralité des impôts réels du pays d’accueil pour le compte du salarié. Enfin, on compare l’impôt réel payé à l’impôt hypothétique retenu. Si l’impôt réel est supérieur à l’impôt hypothétique, l’employeur prend en charge la différence. Si l’impôt réel est inférieur, l’employeur conserve la différence. Il en résulte que la rémunération nette du salarié est identique à celle qu’il aurait perçue dans son pays d’origine, quel que soit le taux d’imposition du pays d’accueil.
Les cotisations aux assurances sociales suisses s’appliquent-elles aux employés en détachement ?
Cela dépend du pays d’origine de la personne détachée et de la durée du détachement. Les ressortissants de l’UE et de l’AELE effectuant un détachement de courte durée peuvent demander un certificat de couverture A1 et rester affiliés au régime de sécurité sociale de leur pays d’origine, en étant exemptés des cotisations suisses à l’AVS, à l’AC et à la LPP pendant la durée couverte par le certificat. Pour les ressortissants de pays non membres de l’UE, la Suisse a conclu des accords bilatéraux de sécurité sociale avec plus de 40 pays qui peuvent prévoir des exonérations similaires. Les expatriés qui ne sont pas couverts par un accord de totalisation doivent s’affilier au système suisse d’assurance sociale dès leur premier jour de travail en Suisse. As1 signale les accords applicables et suit l’expiration de la période d’exonération pour chaque expatrié.
Quels sont les permis nécessaires pour travailler en Suisse ?
Les ressortissants de l’UE et de l’AELE peuvent travailler en Suisse en vertu de l’accord sur la libre circulation des personnes, sans être soumis à un contingent. Ils se voient généralement délivrer un permis L pour les séjours de moins de 12 mois ou un permis B pour les séjours plus longs. Les ressortissants hors UE doivent obtenir un permis de travail en vertu de la loi sur les étrangers et l’intégration (AIG). Ces permis sont soumis à des contingents annuels fédéraux et cantonaux et nécessitent la preuve qu’aucun candidat approprié n’était disponible en Suisse ou dans l’UE. L’employeur doit demander le permis avant l’arrivée du salarié. Travailler sans le permis requis expose tant l’employeur que le salarié à des amendes et, dans les cas graves, à l’expulsion.