En Suisse, les horaires de travail sont régis par l’un des systèmes de droit du travail les plus complets et les plus strictement appliqués d’Europe. La loi sur le travail (Arbeitsgesetz, ArG) et le Code des obligations (Obligationenrecht, OR) définissent les règles relatives à la durée maximale hebdomadaire de travail, aux droits en matière d’heures supplémentaires, aux périodes de repos et aux restrictions concernant le travail de nuit et le dimanche, ainsi que l’obligation d’enregistrer toutes les heures de travail. Que vous soyez un employeur mettant en place un système de paie en Suisse, un professionnel des ressources humaines chargé de veiller au respect de la réglementation, ou un salarié souhaitant connaître ses droits, ce guide vous fournit toutes les informations essentielles dont vous avez besoin.
| EN BREF : CE QUE COUVRE CE GUIDE
✓ En Suisse, la loi fixe la durée maximale hebdomadaire de travail à 45 heures pour les salariés occupant des postes dans l’industrie, le commerce et les services administratifs, tandis que les autres travailleurs peuvent effectuer jusqu’à 50 heures par semaine (loi suisse sur le travail, art. 9 LTr). ✓ En 2023, la durée hebdomadaire moyenne effective du travail en Suisse était de 41,7 heures, ce qui en fait l’une des plus élevées d’Europe occidentale. Cela reflète la culture du travail à temps plein qui caractérise le pays (Office fédéral de la statistique, OFS). ✓ Les heures supplémentaires qui dépassent le nombre d’heures convenu mais restent dans les limites légales sont régies par le Code des obligations (art. 321c CO). Les employés doivent bénéficier d’une majoration de salaire de 25 % ou d’un congé compensatoire équivalent, sauf accord contraire. ✓ Le travail de nuit (de 23 h à 6 h) et le dimanche n’est généralement pas autorisé et nécessite l’accord du Secrétariat d’État à l’économie (SECO) ou des autorités locales. ✓ La loi oblige les employeurs à enregistrer toutes les heures de travail, y compris les heures supplémentaires, et à conserver ces registres pendant cinq ans. Toutefois, une méthode d’enregistrement simplifiée est autorisée pour les salariés bénéficiant d’une grande autonomie. ✓ En Suisse, les jours fériés sont fixés au niveau cantonal, le 1er août (fête nationale suisse) étant le seul jour férié fédéral. Les cantons peuvent également instaurer jusqu’à huit jours fériés supplémentaires. ✓ Conformément au Code suisse des obligations (art. 329a CO), les salariés ont droit à au moins quatre semaines de congés annuels payés par an, et les moins de 20 ans ont droit à cinq semaines. |
TABLE DES MATIÈRES
-
-
-
- Quelle est la durée maximale du temps de travail en Suisse ?
- Quelle est la différence entre les heures supplémentaires et les heures supplémentaires en droit suisse ?
- Quelles sont les dispositions légales en matière de temps de repos et de pauses prévues par le droit suisse ?
- Quelles sont les règles applicables au travail de nuit en Suisse ?
- Quelles sont les règles applicables au travail le dimanche et les jours fériés ?
- Comment les employeurs doivent-ils enregistrer le temps de travail en Suisse ?
- Quelles sont les règles applicables au travail à temps partiel et au télétravail ?
- Quel est l’impact des conventions collectives sur les horaires de travail ?
- Quelles sont les sanctions prévues en cas d’infraction à la législation suisse sur le temps de travail ?
- Points clés
-
-
1. Quelle est la durée maximale du temps de travail en Suisse ?
La loi suisse sur le travail (Arbeitsgesetz, ArG) fixe les règles relatives à la durée maximale du travail en Suisse et s’applique à toute personne travaillant dans le pays, indépendamment de sa nationalité ou des modalités de son contrat de travail. Il s’agit d’une loi publique, ce qui signifie que ses dispositions ne peuvent être modifiées par aucun accord entre employeurs et employés.
Que dit donc la loi suisse sur le travail concernant la durée maximale hebdomadaire du travail ?
- Conformément à l’article 9, la loi fixe la durée maximale hebdomadaire de travail à 45 heures pour les personnes occupant des emplois dans l’industrie, des postes administratifs, des fonctions techniques et des postes de vente dans les grands commerces de détail.
- Pour les autres catégories de travailleurs, la limite est fixée à 50 heures par semaine. Ce plafond plus élevé concerne de nombreux postes dans le secteur des services, l’hôtellerie et certains domaines professionnels.
- Ces limites s’appliquent à toutes les heures travaillées, qu’il s’agisse d’heures normales, d’heures supplémentaires ou de gardes supplémentaires. Il s’agit de plafonds stricts, et non de simples recommandations.
- Une certaine souplesse est prévue, permettant des augmentations temporaires pouvant aller jusqu’à 4 heures par semaine pendant certaines périodes de forte activité, mais cette mesure est contrebalancée par une règle de calcul de la moyenne annuelle, ce qui signifie que sur une période de 16 semaines, la moyenne ne doit pas dépasser le maximum légal.
| Six Key Numbers in Swiss Working Hours Law
The statutory thresholds every employer and employee in Switzerland must know |
|||||||||||
|
Vous êtes-vous déjà demandé à quoi ressemble une semaine de travail type en Suisse ?
Eh bien, selon l’Office fédéral de la statistique (OFS), les salariés à temps plein travaillent en moyenne 41,7 heures par semaine en 2023. C’est nettement plus que la moyenne de l’Union européenne, qui s’élève à 37,4 heures ! Cette différence met vraiment en évidence l’importance culturelle accordée en Suisse au travail acharné et à la productivité, en particulier dans les grands secteurs tels que la finance, l’industrie pharmaceutique et l’ingénierie. Il est intéressant de noter que la semaine de travail contractuelle moyenne – c’est-à-dire ce qui est effectivement stipulé dans les contrats de travail – était de 41,3 heures cette année. Il semble donc que de nombreux travailleurs à temps plein fournissent un effort supplémentaire par rapport à ce qui est officiellement exigé.
2. Quelle est la différence entre les heures supplémentaires et les heures supplémentaires en droit suisse ?
Le droit suisse du travail établit une distinction importante entre deux types d’heures qui dépassent l’horaire de travail habituel : les heures supplémentaires (Uberstunden) telles que définies dans le Code des obligations, et les heures excédentaires (Uberzeit) au sens de la loi sur le travail. Cette distinction est cruciale, car elle détermine les modalités de rémunération de ces heures supplémentaires et la possibilité d’y renoncer d’un commun accord.
Alors, qu’entend-on exactement par « Uberstunden » (heures supplémentaires) au sens du Code des obligations ? Le terme « Uberstunden » désigne toutes les heures travaillées qui dépassent ce qui est prévu dans le contrat de travail, mais qui restent dans les limites maximales fixées par la loi sur le travail. Tout cela est régi par l’article 321c du Code des obligations (CO). Les employeurs peuvent demander des heures supplémentaires lorsque cela est nécessaire pour le bon fonctionnement de l’entreprise, et les employés doivent être raisonnablement en mesure de les effectuer.
- En ce qui concerne la rémunération des heures supplémentaires, les employeurs sont tenus de verser une majoration salariale d’au moins 25 % pour toute heure supplémentaire effectuée, sauf s’il existe un accord écrit (ou une convention collective) prévoyant à la place un repos compensatoire équivalent.
- Cette majoration de 25 % peut ne pas s’appliquer s’il existe un accord individuel écrit ou une convention collective, à condition que les heures supplémentaires soient compensées par un temps de repos d’une durée au moins équivalente, dans un délai raisonnable.
- Bien que le Code des obligations ne fixe pas de limite annuelle stricte pour les heures supplémentaires, le nombre maximal d’heures prévu par la loi sur le travail fait office de plafond.
Les heures supplémentaires, ou « Uberzeit », correspondent aux heures travaillées au-delà de la limite maximale fixée par le Code du travail, qui est de 45 ou 50 heures par semaine, selon votre catégorie professionnelle. Ces heures supplémentaires sont soumises à une réglementation plus stricte et ne peuvent pas simplement faire l’objet d’un accord entre vous et votre employeur.
- Les heures supplémentaires doivent toujours être compensées par un congé équivalent dans un délai raisonnable.
- Contrairement aux « Uberstunden », vous ne pouvez pas simplement renoncer à la majoration de salaire de 25 % prévue pour les heures supplémentaires (« Uberzeit ») en échange de la suppression de votre temps de repos ; ce temps de repos est non négociable.
- Si vous devez travailler au-delà de la durée maximale autorisée par la loi, vous devez obtenir l’accord préalable du SECO, et cela n’est autorisé que dans des situations opérationnelles exceptionnelles.
| RÉSUMÉ PRATIQUE : LES RÈGLES RELATIVES AUX HEURES SUPPLÉMENTAIRES EN BREF
→ Si vous travaillez au-delà des heures prévues dans votre contrat mais sans dépasser la limite légale (heures supplémentaires), vous avez droit soit à une majoration salariale de 25 %, soit à un repos compensatoire, mais cela doit faire l’objet d’un accord écrit. → Pour les heures dépassant le maximum fixé par le Code du travail (Uberzeit), vous devez bénéficier d’un repos compensatoire obligatoire ; vous ne pouvez renoncer à cette prime par aucun accord. → Il est important de noter que ces deux types d’heures doivent être consignés dans les registres de temps de travail de l’employeur. → Tout accord individuel concernant la rémunération des heures supplémentaires doit être consigné par écrit pour être valable. → N’oubliez pas que les conventions collectives de travail (CCT) peuvent prévoir des règles différentes en matière d’heures supplémentaires, et que celles-ci prévaudront si elles sont plus avantageuses pour le salarié. |
3. Quelles sont les dispositions légales en matière de temps de repos et de pauses prévues par le droit suisse ?
La législation suisse fixe des règles claires concernant les périodes de repos quotidiennes et hebdomadaires minimales que les employeurs sont tenus de respecter, quelles que soient leurs contraintes opérationnelles. Ces exigences en matière de repos constituent une disposition autonome, distincte des limites maximales de durée du travail, et ne peuvent être contournées par aucun accord.
Quelle est donc la durée minimale de repos quotidien en Suisse ? Conformément à l’article 15a de la loi sur le travail, les salariés ont droit à au moins 11 heures consécutives de repos entre la fin d’une journée de travail et le début de la suivante. Toutefois, cette durée peut être temporairement réduite à 8 heures pour des raisons opérationnelles impérieuses, à condition que la durée moyenne de repos sur une période de deux semaines ne descende pas en dessous de 11 heures.
Parlons maintenant des pauses obligatoires pendant la journée de travail :
- Si une journée de travail dépasse 5,5 heures, les employés doivent bénéficier d’une pause d’au moins 15 minutes.
- Pour les journées de plus de 7 heures, une pause d’au moins 30 minutes est obligatoire.
- Et pour les longues journées de plus de 9 heures, les employés doivent bénéficier d’une pause d’au moins 60 minutes.
- Il est important de noter que ces pauses ne sont considérées comme du temps de travail que si le salarié doit rester à son poste de travail ou s’il ne peut pas disposer librement de ce temps de pause.
4. Quelles sont les règles applicables au travail de nuit en Suisse ?
Le travail de nuit, tel que défini dans la loi suisse sur le travail, désigne tout travail effectué entre 23 heures et 6 heures du matin. En règle générale, ce type de travail n’est pas autorisé, sauf si l’on dispose d’une autorisation spécifique délivrée par l’autorité compétente, ce qui témoigne de l’engagement de la Suisse à protéger la santé des salariés et à garantir un bon équilibre entre vie professionnelle et vie privée.
Alors, à partir de quand peut-on réellement travailler de nuit en Suisse ?
- S’il s’agit d’un travail de nuit temporaire d’une durée maximale de trois mois sur une période de douze mois, vous pouvez obtenir une autorisation auprès de l’inspection cantonale du travail.
- Pour les services de nuit permanents ou récurrents d’une durée supérieure à trois mois, vous devrez obtenir l’autorisation du Secrétariat d’État à l’économie (SECO). Celui-ci examinera à la fois les besoins opérationnels et les effets potentiels sur la santé.
- Certains secteurs, tels que la santé, l’hôtellerie, les secteurs à processus continus et les transports publics, bénéficient d’autorisations permanentes pour le travail de nuit, mais ils doivent néanmoins respecter les conditions fixées par le SECO.
À quelle forme de rémunération pouvez-vous vous attendre pour travailler de nuit ?
- Si l’on vous demande d’effectuer des gardes de nuit, vous devriez bénéficier d’une majoration salariale d’au moins 25 % pour le travail de nuit temporaire, qui peut durer jusqu’à trois mois par an.
- Pour les personnes qui travaillent régulièrement de nuit, la loi sur le travail prévoit qu’elles doivent percevoir une majoration de salaire d’au moins 10 % de leur salaire de base, ou qu’elles peuvent opter pour un repos compensatoire à raison d’un dixième du nombre total d’heures de nuit effectuées.
- Avant de commencer à effectuer régulièrement des gardes de nuit, les travailleurs de nuit doivent se voir proposer un examen médical d’aptitude, qui doit ensuite être renouvelé à intervalles réguliers, le tout sans aucun frais pour vous.
- Si vous souffrez de problèmes de santé avérés liés au travail de nuit, vous avez le droit d’être muté à un poste similaire de jour, pour autant qu’il y en ait un de disponible au sein de l’entreprise.
5. Quelles sont les règles applicables au travail le dimanche et les jours fériés ?
En Suisse, le travail le dimanche est généralement interdit en vertu de l’article 18 de la loi sur le travail. Si les employeurs souhaitent que leurs employés travaillent le dimanche, ils doivent obtenir une autorisation préalable, et ceux qui travaillent ce jour-là ont droit à une rémunération supplémentaire.
Alors, dans quels cas les employeurs peuvent-ils demander à leurs employés de travailler le dimanche ?
- Pour le travail temporaire le dimanche (jusqu’à six dimanches par an), ils doivent obtenir l’autorisation de l’autorité cantonale.
- Pour le travail régulier le dimanche, ils doivent demander l’autorisation du SECO, qui vérifie si l’entreprise a réellement besoin d’ouvrir le dimanche.
- Certains secteurs bénéficient d’une autorisation permanente pour le travail le dimanche, notamment les soins de santé, la restauration et l’hôtellerie, les services touristiques, le commerce de détail dans les zones touristiques et les entreprises qui fournissent des services en continu.
- Qu’en est-il de la rémunération du travail le dimanche ?
- Les salariés qui travaillent le dimanche ont droit à une majoration salariale d’au moins 50 % en plus de leur taux horaire normal.
- Les employeurs peuvent également proposer un congé compensatoire d’une durée équivalente dans les quatre semaines suivant le dimanche travaillé. Si ce congé est accordé, le supplément de 50 % n’est pas nécessaire.
- Si le travail le dimanche fait partie intégrante et habituelle de la fonction, les modalités de rémunération peuvent être fixées dans des contrats individuels ou des conventions collectives, à condition qu’elles ne soient pas moins favorables que le minimum légal.
En ce qui concerne les jours fériés en Suisse, la situation peut s’avérer un peu complexe, car ils sont gérés au niveau cantonal. Le seul jour férié reconnu à l’échelle nationale est la Fête nationale suisse, le 1er août. Chaque canton est libre de définir son propre calendrier des jours fériés et peut ajouter jusqu’à huit jours fériés supplémentaires. Ainsi, si vous travaillez à Genève, vos droits en matière de jours fériés seront différents de ceux d’une personne travaillant à Zurich ou à Bâle.
- Les employeurs doivent connaître le calendrier des jours fériés propre à chaque canton dans lequel leurs employés travaillent.
- Aux fins de la loi sur le travail, les jours fériés cantonaux sont assimilés à des dimanches, ce qui signifie que les mêmes règles que celles applicables au travail dominical s’appliquent ces jours-là.
- Si les employés doivent travailler un jour férié, ils bénéficient généralement d’un jour de congé compensatoire. En fonction de la réglementation cantonale et de leur contrat de travail, ils peuvent également percevoir une rémunération supplémentaire.
6. Comment les employeurs doivent-ils enregistrer le temps de travail en Suisse ?
Il est essentiel de bien comprendre l’obligation d’enregistrer les heures de travail, mais cette question suscite souvent des confusions dans le droit du travail suisse. La loi sur le travail stipule clairement que tous les employeurs doivent tenir un registre des heures de travail, y compris les heures supplémentaires et les pauses, et qu’ils sont tenus de conserver ces registres.
Concrètement, en quoi consiste cette obligation ?
- Les employeurs sont tenus d’enregistrer chaque heure travaillée par chaque salarié, en indiquant les heures de début et de fin, les pauses et les éventuelles heures supplémentaires.
- Ces documents doivent être conservés pendant au moins cinq ans après la fin de la période concernée.
- Ils doivent pouvoir être présentés sans délai à l’inspection cantonale du travail si celle-ci en fait la demande.
- Les salariés ont le droit de consulter leurs propres relevés de temps de travail.
Y a-t-il des exceptions à cette obligation d’enregistrement ?
Le Conseil fédéral suisse a mis en place un système de saisie simplifié pour les salariés bénéficiant d’une grande autonomie dans l’aménagement de leur temps de travail. Conformément à l’ordonnance n° 1 relative à la loi sur le travail (OLT 1), articles 73a et 73b, certains salariés peuvent être soumis à une obligation de saisie allégée, voire, dans certains cas particuliers, à aucune obligation de saisie.
- Enregistrement simplifié (Vereinfachte Aufzeichnung) : cette modalité s’applique aux salariés qui disposent d’une grande autonomie dans la gestion de leurs horaires de travail. Ils peuvent enregistrer eux-mêmes le nombre total d’heures travaillées chaque jour sans avoir à consigner chaque minute. Cette option nécessite soit une convention collective, soit un accord écrit individuel.
- Exemption totale de l’obligation d’enregistrement : cette exemption est réservée aux cadres supérieurs (Kaderpersonen) qui gèrent réellement leurs propres horaires de travail et dont le nombre total d’heures n’est pas contrôlé de manière significative par l’employeur. Elle nécessite également une convention collective précisant la catégorie de salariés concernée.
- Même en cas de simplification ou d’exemption de l’obligation d’enregistrement, les limites légales relatives au temps de travail, les exigences en matière de périodes de repos et les restrictions concernant le travail de nuit et le dimanche restent applicables. Le fait que l’obligation d’enregistrement soit levée ne signifie pas pour autant que les dispositions légales sous-jacentes ne s’appliquent plus.
| LISTE DE CONTRÔLE DE CONFORMITÉ POUR L’ENREGISTREMENT DU TEMPS DE TRAVAIL PAR L’EMPLOYEUR
✓ Mettre en place un système permettant d’enregistrer l’heure de début, l’heure de fin et la durée des pauses pour tous les employés soumis à l’obligation d’enregistrement complet. ✓ Conserver tous les registres de temps de travail en toute sécurité pendant au moins cinq ans à compter de la date d’enregistrement. ✓ Veiller à ce que les employés puissent accéder, sur demande, aux données relatives à leur temps de travail enregistré. ✓ Si vous utilisez un système d’enregistrement simplifié, vérifiez qu’une convention collective ou un accord écrit individuel autorisant cette pratique est en place et documenté. ✓ Vérifiez tous les relevés de temps chaque trimestre afin d’identifier et de corriger toute violation systématique des règles relatives à la durée maximale de travail, aux périodes de repos ou aux heures supplémentaires. ✓ Mettez en place une procédure claire pour autoriser et documenter les heures supplémentaires dépassant le maximum légal avant qu’elles ne soient effectuées. |
7. Quelles sont les règles applicables au travail à temps partiel et au télétravail ?
Les emplois à temps partiel sont très répandus en Suisse : selon l’Office fédéral de la statistique, environ 37 % de la population active travaillait à temps partiel en 2023. Depuis 2020, le télétravail a également connu une forte augmentation. Ces deux modes de travail relèvent pleinement de la législation suisse sur le temps de travail.
Les limites horaires prévues par la loi sur le travail s’appliquent-elles aux travailleurs à temps partiel ? Absolument ! Les limites légales en matière de durée du travail, les exigences relatives aux périodes de repos, les règles concernant les heures supplémentaires et les restrictions relatives au travail de nuit et du dimanche s’appliquent à tous les employés en Suisse, quel que soit leur horaire de travail. Par exemple, si un employé à temps partiel est engagé pour 20 heures par semaine mais finit par travailler 30 heures, il a droit à une rémunération des heures supplémentaires pour ces 10 heures supplémentaires, tout comme un employé à temps plein le serait en vertu du même Code des obligations.
Qu’en est-il des télétravailleurs et des personnes travaillant à domicile ? Voici quelques points clés :
- Tout temps passé à travailler à domicile est considéré comme du temps de travail au regard des limites maximales d’heures prévues par la loi sur le travail et des règles relatives aux heures supplémentaires du Code des obligations.
- Il incombe aux employeurs de veiller à ce que les télétravailleurs ne dépassent pas systématiquement la durée maximale légale de travail, même lorsqu’ils travaillent à domicile.
- Les télétravailleurs doivent, comme tout le monde, faire enregistrer leurs heures de travail. Les employeurs ont besoin d’un système permettant de suivre les heures de télétravail, plutôt que de se contenter de compter sur les employés pour gérer leur temps dans le respect des limites légales.
- Bien qu’il n’existe pas de loi suisse spécifique garantissant le droit de se déconnecter du travail à distance en dehors des heures prévues par le contrat, si les employeurs font pression sur les employés pour qu’ils restent disponibles en dehors de ces heures, cela pourrait constituer une violation des obligations en matière de temps de repos.
- Pour les travailleurs frontaliers (Grenzgänger) qui travaillent pour un employeur suisse depuis leur pays d’origine, la loi sur le travail peut toujours s’appliquer en ce qui concerne les obligations en matière de temps de travail. Il est recommandé de solliciter un avis juridique pour ces situations transfrontalières.
8. Quel est l’impact des conventions collectives sur les horaires de travail ?
Les conventions collectives de travail, ou Gesamtarbeitsverträge (GAV), sont des accords conclus au niveau sectoriel ou au niveau de l’entreprise, négociés entre des associations patronales ou des employeurs individuels et des syndicats. Ces accords jouent un rôle essentiel dans la réglementation du temps de travail dans divers secteurs d’activité en Suisse et fixent souvent des conditions qui vont au-delà des minima légaux, voire les améliorent.
Dans quels secteurs les conventions collectives revêtent-elles une importance particulière ?
- Secteur de la construction (Convention collective nationale, LMV) : il s’agit de l’une des conventions collectives les plus complètes de Suisse ; elle régit la durée normale du travail, la rémunération des heures supplémentaires, les variations saisonnières du temps de travail et les règles applicables en cas d’arrêt de travail pour cause de conditions météorologiques.
- Hôtellerie-restauration (CCT des Landes pour l’hôtellerie-restauration) : cette convention collective définit les horaires de travail, les taux de rémunération des heures supplémentaires, les règles applicables aux dimanches et jours fériés, ainsi que les obligations en matière de temps de repos, spécifiquement pour le secteur de l’hôtellerie et de la restauration.
- Services bancaires et financiers : dans ce secteur, les accords sectoriels traitent des horaires de travail contractuels, des modalités de travail flexibles et des dérogations applicables aux postes de direction.
- Santé et services sociaux : les conventions collectives de branche dans ce domaine traitent de questions telles que le travail posté, les autorisations de travail de nuit et la compensation des périodes de repos pour les professionnels de santé.
- Commerce de détail : dans ce secteur, les conventions cantonales et sectorielles complètent les dispositions de la loi sur le travail, notamment en ce qui concerne les horaires d’ouverture, les autorisations de travail le dimanche et la protection des salariés à temps partiel.
Une convention collective peut-elle réduire les protections légales en matière de temps de travail ?
Non, les conventions collectives ne peuvent pas réduire les protections prévues par la loi sur le travail. La Loi sur le travail fixe un seuil minimal obligatoire que nulle convention collective ne peut descendre en dessous. Toutefois, une convention collective peut certainement offrir de meilleures conditions que les minima légaux, telles qu’une durée maximale hebdomadaire de travail plus courte, des taux de rémunération des heures supplémentaires plus élevés, des périodes de repos minimales plus longues ou une rémunération plus avantageuse pour le travail le dimanche. Lorsqu’une convention collective est en vigueur, elle prévaut sur les dispositions du contrat de travail individuel concernant les sujets qu’elle traite, pour autant qu’elle offre une protection plus étendue.
9. Quelles sont les sanctions en cas d’infraction à la législation suisse sur le temps de travail ?
Si vous ne respectez pas la législation suisse en matière de temps de travail, vous vous exposez à de graves conséquences, tant sur le plan administratif que pénal. Les inspections cantonales du travail (kantonale Arbeitsinspektorate) et le SECO sont chargés de faire respecter cette législation et effectuent régulièrement des contrôles sur les lieux de travail afin de s’assurer de sa mise en œuvre.
Quelles sanctions risquez-vous donc en cas d’infraction à la loi sur le travail ?
- Si vous enfreignez délibérément ou de manière répétée les dispositions de la loi sur le travail relatives à la durée maximale du travail, aux temps de repos, au travail de nuit ou au travail le dimanche, vous vous exposez à des poursuites pénales en vertu de l’article 59 de la loi sur le travail, passibles d’une amende pouvant aller jusqu’à 30 000 CHF.
- Si vos infractions mettent en danger la santé des employés, la situation devient encore plus grave et peut, dans le pire des cas, donner lieu à des poursuites judiciaires et à des peines d’emprisonnement.
- Sur le plan administratif, les sanctions peuvent aller de l’avertissement formel à l’ordre de remédier immédiatement aux problèmes, voire à la suspension des autorisations de travail de nuit ou du dimanche.
- L’inspection cantonale du travail est habilitée à exiger d’un employeur qu’il mette immédiatement fin à toute pratique illégale en matière de temps de travail et qu’il indemnise les salariés concernés pour les heures supplémentaires non rémunérées, les compléments de salaire et les périodes de repos non prises.
- Si les infractions sont répétées ou systémiques, le non-respect des obligations par l’employeur peut être publié dans le registre cantonal officiel, ce qui peut nuire gravement à sa réputation dans le milieu des affaires suisse, où la transparence est une priorité.
Comment les infractions aux horaires de travail sont-elles généralement détectées ?
- Contrôles de routine : les inspections cantonales du travail procèdent à des contrôles, tant inopinés que programmés, des registres de présence sur les lieux de travail dans divers secteurs.
- Plaintes des salariés : lorsque des salariés à titre individuel ou des syndicats font part de leurs préoccupations, cela peut donner lieu à des inspections ciblées. Les salariés bénéficient d’une protection légale contre le licenciement pour avoir signalé des violations du Code du travail.
- Recoupement avec les registres de la sécurité sociale : si des divergences apparaissent entre les registres des cotisations AVS et ceux relatifs au temps de travail, cela peut indiquer d’éventuelles infractions.
- Audits sectoriels : les secteurs considérés comme à haut risque, tels que la construction, l’hôtellerie et les soins de santé, font l’objet d’inspections plus fréquentes.
| Droits et obligations en matière de temps de travail en Suisse
Ce que les employeurs doivent faire et ce à quoi les salariés ont droit en vertu de la loi sur le travail |
||||||
|
||||||
| Industrial and commercial workers | 45 hours per week | Above 45 hours | Mandatory limit under the Labour Act (Arbeitsgesetz, OR Art. 9). Includes factories, retail, and office workers. | |||
| Other workers (OR Art. 9 para. 2) | 50 hours per week | Above 50 hours | Applies to sectors not covered by the 45-hour rule, including certain service and technical roles. | |||
| Overtime (Uberstunden) compensation | Compensated by time off or +25% pay premium | By agreement | Swiss Code of Obligations (CO) Art. 321c. Premium applies unless collective or individual agreement waives it with time-off compensation. | |||
| Night work (11 pm to 6 am) | Requires cantonal or SECO authorisation | N/A | Permanent night work requires medical fitness assessment. Workers are entitled to a 10% wage supplement or equivalent time compensation. | |||
| Sunday and public holiday work | Requires authorisation | N/A | Sunday work is generally prohibited unless authorised. Entitled to a 50% pay supplement or compensatory rest within 4 weeks. | |||
| Senior management and highly autonomous roles | Exempt from OR Chapter 2 limits | Defined per employment contract | Employees with genuine decision-making authority and autonomy over their own hours are exempt from the statutory maximum hour rules. | |||
10. Points clés
Les dix points essentiels à connaître sur les horaires de travail en Suisse pour les employeurs et les salariés :
| 01 – STATUTORY MAXIMUMThe Swiss Labour Act sets a maximum of 45 hours per week for industrial, office, and retail workers, and 50 hours per week for other categories. These are absolute ceilings, not targets. | 06 – NIGHT WORK RULESNight work (11 pm to 6 am) requires SECO or cantonal authorisation. Permanent night workers receive a 10 percent wage supplement or equivalent compensatory rest and a right to medical assessment. | |
| 02 – ACTUAL HOURS WORKEDThe average actual working week in Switzerland was 41.7 hours in 2023 (Swiss Federal Statistical Office), one of the highest in Western Europe. | 07 – SUNDAY WORK PREMIUMSunday work requires authorisation and attracts a 50 percent pay supplement, or compensatory rest of equivalent duration within four weeks. The Sunday rule applies to cantonal public holidays. | |
| 03 – OVERTIME PREMIUMOvertime (Uberstunden) under the Code of Obligations must be compensated at a 25 percent wage premium or equivalent rest time by written agreement (CO Art. 321c). | 08 – TIME RECORDING DUTYAll employers must record working time for all employees and retain records for five years. Simplified recording applies to autonomously organised roles by written agreement or GAV. | |
| 04 – DAILY REST OBLIGATIONEmployers must provide a minimum of 11 consecutive hours of rest between working days. A temporary reduction to 8 hours is permitted only if the two-week average does not fall below 11 hours. | 09 – PUBLIC HOLIDAYSOnly 1 August (National Day) is a federal public holiday. Each canton sets its own calendar of up to eight additional public holidays. Verify the specific calendar for each canton of employment. | |
| 05 – BREAK ENTITLEMENTSA 15-minute break is required for days over 5.5 hours; 30 minutes for days over 7 hours; 60 minutes for days over 9 hours. Breaks at the workstation count as working time. | 10 – PENALTY FOR VIOLATIONSDeliberate Labour Act violations are a criminal offence carrying fines of up to CHF 30,000. Health-endangering violations may result in prosecution. Cantonal inspectorates enforce actively. |



